Le 30 juillet 2026, la Direction générale des Entreprises et Hub France IA ont publié la liste des 88 entreprises retenues pour équiper les PME. Voici ce que ce catalogue couvre réellement, ce qu’il ne couvre pas, et ce qu’il faut en faire avant d’acheter.
Chaque solution a été rattachée aux fonctions qu’elle dit servir, à partir de sa propre description. Une même solution peut en servir plusieurs.
Lecture : vingt-et-un éditeurs traitent la production et la qualité industrielle, un seul la logistique, aucun les achats.
Pas une seule des solutions retenues ne traite les achats, les fournisseurs, les approvisionnements ou le sourcing. Dans une PME industrielle, l’achat représente pourtant souvent plus de la moitié du chiffre d’affaires.
C’est le trou le plus large du catalogue. Et c’est le seul endroit où un dirigeant qui cherche de l’aide ne trouvera rien dans le dispositif public.
annoncent un chiffre de résultat. Les autres décrivent une capacité, jamais un gain.Lecture des 88 descriptions du catalogue
nomment explicitement les PME ou les ETI, dans un catalogue qui leur est entièrement destiné.Idem
emploient les mots « IA » ou « intelligence artificielle ». Un éditeur sur quatre dit « plateforme ».Idem
Onze fiches ne permettent pas de savoir ce que fait l’entreprise. Le catalogue dit qui existe : il ne permet ni de comparer, ni de chiffrer, ni d’éliminer.
Chaque éditeur a été rapproché du registre national des entreprises. L’âge médian est de sept ans et demi, mais la répartition est en deux blocs : trente ont moins de cinq ans, vingt-sept en ont plus de dix.
Sur les cinquante-six qui déclarent un effectif, vingt-trois comptent moins de dix salariés et onze seulement dépassent cinquante. Trente-deux n’en déclarent aucun. Et trente-six siègent en Île-de-France, soit quarante-et-un pour cent.
Ce n’est pas un reproche fait à ces entreprises. C’est un critère d’achat : un outil se garde trois à cinq ans, donc la pérennité du fournisseur compte autant que le prix. Cela se traite dans le contrat, par une clause de réversibilité et un export de vos données dans un format ouvert.
La vraie question avant de signer n’est pas « est-ce une bonne solution », mais « ce que j’achète sera-t-il inclus demain dans un abonnement généraliste ». Les catégories les plus fournies du catalogue sont aussi les plus exposées.
Lecture par catégorie, jamais par éditeur. Ce diagramme ne note aucune entreprise. Le positionnement vertical est un jugement documenté à partir des annonces publiques des éditeurs généralistes, et non une mesure : il se révise à chaque annonce.
N’achetez pas une catégorie exposée sans clause de sortie. Si la fonction devient native chez votre fournisseur d’assistant ou de messagerie, un engagement de trois ans devient un passif.
Commencez par ce que vous payez déjà. Licences dormantes, niveaux d’offre supérieurs à l’usage réel, fonctions payées deux fois : c’est le gisement le plus rapide, et il ne demande aucun projet.
Et vérifiez que le problème relève de l’IA. Dans une partie des cas, un paramétrage du logiciel déjà en place règle la question pour le prix d’une demi-journée.
Sources. Catalogue de solutions d’IA à destination des PME et ETI, Direction générale des Entreprises et Hub France IA, 30 juillet 2026. Données d’entreprise : API publique Recherche d’entreprises, consultée le 2 octobre 2026. Annonces produit des éditeurs généralistes, dont le récapitulatif DevDay OpenAI du 29 septembre 2026. Le classement par catégorie repose sur la description fournie par chaque éditeur. Cinq entreprises n’ont pas pu être rapprochées du registre avec certitude. Aucune relation commerciale avec les entreprises citées.